Les hôpitaux français se préparent discrètement à un scénario de guerre de haute intensité en Europe
Un plan secret pour accueillir jusqu’à 500 000 blessés militaires sur le territoire national
Alors que la guerre en Ukraine se prolonge sans perspective immédiate de cessez-le-feu, le gouvernement français met en place une organisation sanitaire inédite pour anticiper un afflux massif et prolongé de blessés militaires. Selon une enquête récente du Canard enchaîné, le ministère de la Santé, sous la direction de Catherine Vautrin, a adressé des consignes strictes aux Agences régionales de santé (ARS) pour préparer les hôpitaux à un “engagement majeur”, soit un conflit armé de grande ampleur.
Cette préparation prévoit la création de centres médicaux spécialisés implantés à proximité de gares, ports ou aéroports afin d’accueillir jusqu’à 100 soldats étrangers blessés quotidiennement, avec une capacité pouvant monter à 250 en période de pic. Les hôpitaux civils seraient mobilisés pour soigner entre 100 000 et 500 000 combattants en transit sur plusieurs semaines à plusieurs mois. Ces chiffres illustrent la gravité avec laquelle l’État considère la possibilité d’un conflit à haute intensité sur le continent.
Une anticipation responsable face aux leçons du passé
Interrogée sur BFMTV-RMC, Catherine Vautrin a tempéré la tonalité alarmiste de ces révélations en soulignant que cette démarche s’inscrit dans une logique d’anticipation classique. Elle rappelle que préparer le système de santé à toutes les hypothèses est une responsabilité essentielle, surtout après les critiques sur l’impréparation lors de la crise du Covid-19.
Cette organisation vise à éviter que les hôpitaux soient débordés en cas d’intensification du conflit en Ukraine, tout en assurant la prise en charge rapide et efficace des soldats, qu’ils soient français ou alliés. Le dispositif reflète une volonté de renforcer la résilience du système de santé national, intégrant la gestion logistique des blessés et la coordination avec les transports publics et internationaux.
Vers une nouvelle dimension de la médecine militaire et civile
Ce plan souligne une évolution majeure dans la préparation sanitaire française : la mobilisation conjointe des structures civiles et militaires pour faire face à une guerre moderne, où les blessés pourraient nécessiter des soins diversifiés. La mise en place de centres médicaux proches des infrastructures de transport vise à fluidifier le rapatriement et l’orientation des patients.
Alors que le conflit en Ukraine reste incertain, cette préparation silencieuse témoigne des enjeux géopolitiques actuels et des efforts du gouvernement pour que le système hospitalier français ne soit pas pris au dépourvu en cas d’escalade majeure.
Qui gère les hôpitaux en France ?
En France, la gestion des hôpitaux relève principalement du ministère de la Santé, qui coordonne les ARS chargées de la supervision régionale des établissements. Dans le cadre de la préparation à un conflit armé de haute intensité, le ministère a donné des consignes strictes aux ARS pour organiser les hôpitaux civils et militaires afin d’accueillir un afflux massif de blessés militaires. Pour plus de détails sur ces directives et leur portée, vous pouvez consulter l’enquête détaillée publiée par Le Canard enchaîné ici.